La résilience des infrastructures aux risques physiques, un enjeu essentiel et urgent !

4 juillet 2017

Le 29 juin 2017, la TCFD[1] a publié ses recommandations principales pour l’évaluation et le reporting des risques climatiques – physiques et de transition – auxquels peuvent faire face les entreprises. Cette publication illustre la prise de conscience des acteurs financiers de l’importance de considérer la vulnérabilité climatique des entreprises dans leurs choix d’investissement.

Colonnes vertébrales de nos économies, les infrastructures contribuent au bon fonctionnement de ces entreprises, et induisent également de nombreuses retombées positives pour nos sociétés et territoires : réseaux de transport, réseaux d’approvisionnement en eau ou énergie, sites de production, sites de stockage, etc. Ces actifs de long terme sont potentiellement les plus exposés aux impacts du changement climatique tant au niveau de la valeur du capital que des processus de production.

Devant ce constat, il est urgent de rappeler que l’analyse des risques et opportunités apportés par le changement climatique doit être menée à l’échelle des infrastructures, et permettra d’alimenter l’analyse des risques physiques pesant sur nos entreprises et territoires.

Les infrastructures confrontées à des coûts potentiellement élevés face au changement climatique

Plusieurs rapports récents ont fait l’exercice d’évaluation des coûts d’adaptation face au changement climatique, avec le constat identique que l’impact économique était majeur et potentiellement sous-estimé.

La Banque asiatique de développement (ADB), dans un rapport publié en juin 2017[2], a ainsi chiffré les besoins d’investissement en infrastructure d’ici à 2030 à 1,7 trillion de dollars par an (26,1 trillion au total) pour la région Asie-Pacifique, soit le double par rapport à leur évaluation de 2009. Cette hausse provient en premier lieu des projections démographiques croissantes et en second lieu de l’inclusion du coût supplémentaire pour rendre les infrastructures résilientes au changement climatique (ou ‘climate-proof’). Ce dernier est estimé à 240 milliards de dollars par an pour la région d’action de l’ADB, soit environ 15% de l’investissement global.

En outre, une étude[3] américaine menée par des chercheurs de Stanford a démontré que les risques physiques étaient sous-estimés pour les 500 000 ponts américains. En effet, les chercheurs affirment que les modèles utilisés actuellement ne prennent pas en compte dans les prévisions de crues l’ensemble des scénarios climatiques.

De même, le cabinet britannique Acclimatise a identifié que le principal risque à moyen-terme pour le plus grand port mexicain (Manzanillo) n’était pas l’élévation du niveau de la mer mais les inondations suite à des phénomènes de fortes pluies. Sans la mise en œuvre de mesures d’adaptation face à ce risque, le nombre d’interruptions des activités du port de Manzanillo pourrait doubler d’ici 2050.

L’expertise de Carbone 4 en termes d’évaluation des risques physiques pour les gestionnaires d’infrastructures

Les effets du changement climatique représentent donc un coût très élevé sur les infrastructures, qui est amené à croître sans une réduction importante de nos émissions de gaz à effet de serre. Il est donc essentiel de mieux anticiper et évaluer les risques, et d’adopter dès aujourd’hui des stratégies d’adaptation au changement climatique.

Plusieurs acteurs français, bénéficiant des services de Carbone 4, sont aujourd’hui pionniers dans l’analyse des risques physiques. Ainsi, le CEREMA et le MTES (Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire) ont développé une méthodologie permettant d’évaluer les risques physiques pour les infrastructures routières. Testée et analysée par Carbone 4, cette méthodologie est innovante par sa prise en compte à la fois de la vulnérabilité climatique mais aussi fonctionnelle des infrastructures routières. Un acteur ferroviaire majeur en France a également fait appel à Carbone 4 pour évaluer la couverture des risques induits par l’évolution du climat, avec pour objectif d’améliorer les mesures d’anticipation et de réaction existantes.

Enfin, conformément aux recommandations de la TCFD, Carbone 4 a développé le projet CRIS (Climate Risk Impact Screening), qui permet aux gestionnaires d’infrastructures, comme la Caisse des Dépôts, de bénéficier d’une évaluation des risques physiques par infrastructure et par aléa climatique[4].

Article rédigé par Clément Ory et Julien Huau

crédit photo : photyo – fotolia.com

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