Revue Banque : Pourquoi les risques climatiques physiques sont-ils importants pour les acteurs financiers ?

21 février 2017
Violaine Lepousez
Violaine Lepousez, consultante senior Carbone 4

Dans le numéro de février de la Revue Banque (N°805), Violaine Lepousez et Jean-Marc Jancovici signent un article où il est question du réchauffement climatique et de ses impacts sur l’économie et la finance.

 

De nombreux pans de l’économie subissent déjà les conséquences du changement climatique. L’anticipation des risques physiques liés aux effets de ce changement est nécessaire et les investisseurs incitent de plus en plus les entreprises à s’emparer de la question. Cette anticipation passe par la mesure de l’exposition des actifs financiers aux risques climatiques qui pèsent sur les portefeuilles.

Mark Carney, gouverneur de la Banque d’Angleterre et président du FSB, affirme que les changements de nos climats et leurs impacts (inondations, sécheresses, vagues de chaleur, etc.) auront des implications profondes potentielles pour les assureurs, la stabilité financière et l’économie[1]. En France, l’article 173 de la Loi relative à la transition énergétique pour la croissante verte demande aux investisseurs concernés d’informer sur le niveau d’exposition de leur portefeuille à ces risques physiques associés aux conséquences du changement climatique sur les actifs. Pourquoi les risques climatiques physiques sont-ils importants pour les acteurs financiers ?

 

Jea-Marc Jancovici
Jean-Marc Jancovici, associé fondateur Carbone 4

2°C : c’est l’ordre de grandeur généralement utilisé pour décrire le réchauffement climatique projeté pour la fin du siècle. Cette moyenne planétaire masque une réalité méconnue : l’élévation sera plus rapide sur les terres émergées que sur les océans. En France, par exemple, les modèles de Météo France ou de l’Institut Pierre Simon Laplace (IPSL) voient plutôt une augmentation de 3°C en pareil cas, voire plus dans certaines zones du pays[2]. A Paris intramuros, il pourra faire jusqu’à 4,3°C plus chaud en moyenne, et le nombre de journées estivales chaudes (Tmax > 25°C) pourraient passer de 49 jours par an aujourd’hui à 109 jours par an en 2080[3]. A titre de comparaison, les stations météo du Parc Montsouris à Paris ont enregistré sur le siècle dernier une augmentation moyenne de 1,6°C[4]. Le réchauffement s’accélère et cette tendance aura du mal à s’arrêter.

L’inertie du système climatique implique une dynamique irréversible : pour commencer, le surplus de CO2 qui résulte des émissions actuelles sera toujours présent pour partie dans l’atmosphère dans des milliers d’années, avec un surplus d’effet de serre qui durera d’autant. Après l’atmosphère, l’océan va se réchauffer en profondeur pendant des millénaires, et la dilatation de l’eau en résultant va faire monter le niveau des mers de plusieurs mètres à terme.

Retrouvez l’intégralité de l’article sur le site de la Revue Banquehttp://www.revue-banque.fr/risques-reglementations/article/pourquoi-les-risques-climatiques-physiques-sont-il

 

 

 

[1] « Breaking the Tragedy of the Horizon – Climate Change and Financial Stability », discours au Lloyd’s of London, 29 septembre 2015.

[2] Schéma régional du climat, de l’air et de l’énergie de l’Île-de-France 2012, disponible à l’adresse http://www.srcae-idf.fr/IMG/pdf/12-SRCAE-IDF_Adaptation_changement_climatique_cleo41782.pdf

[3] Météo France, Agence parisienne du climat (2015), « Le changement climatique à Paris – Évolution du climat à Paris depuis 1900, quel climat futur ? » , disponible à l’adresse http://www.apc-paris.com/system/files/file_fields/2015/07/28/plaquetteccaparis-pagesdoublesjuillet2015.pdf

[4] Ibid

 

 

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