Voitures neuves : la part de marché des véhicules diesel chute et les émissions CO2 stagnent

11 septembre 2017

La baisse de la part de marché du diesel en France semble inexorable depuis plusieurs années. Toutefois les dernières données statistiques publiques d’août 2017 illustrent qu’un cap symbolique est franchi : au sein des immatriculations de véhicules thermiques neufs, la part de marché des véhicules diesel passe sous celle des véhicules à essence. Il s’en faut de peu (moins de 1 000 véhicules sur les 8 premiers mois de 2017), mais cela s’inscrit dans une baisse structurelle : au sein des véhicules thermiques, les véhicules diesel ont perdu près de 25% de part de marché en 5 ans face aux véhicules essence.

Parmi les effets de cette évolution de structure des ventes, les émissions CO2 moyennes des véhicules neufs stagnent depuis 2015, voire augmentent sur 2017 par rapport à 2016. En effet les véhicules à essence sont plus émissifs que les véhicules diesel en termes de CO2.

Deux précisions importantes :

  • on ne considère ici que les émissions de CO2 et non les autres polluants ;
  • les émissions présentées sont celles mesurées via les protocoles d’homologation (émissions dont on sait qu’elles diffèrent significativement avec celles en situation de trafic réel).

Pour atteindre nos objectifs en matière d’émissions de gaz à effet de serre, la réduction des émissions des voitures neuves doit aller beaucoup plus vite. Comme nous l’avons précédemment montré dans une analyse de Carbone 4, c’est au moins 5% de baisse par an des émissions réelles des véhicules neufs qu’il faut atteindre. Cette récente stagnation des émissions des véhicules neufs est donc une très mauvaise nouvelle, à moins d’imaginer qu’on accélère significativement la rotation du parc ou que baisse le trafic routier.

Pour réduire les émissions de CO2 ainsi que celles des polluants locaux, les pouvoirs publics misent sur le développement des véhicules à motorisation alternative : hybrides rechargeables ou non, ou encore véhicules 100% électriques. Les objectifs sont ambitieux : saluons ici le Plan Climat français qui prévoit de mettre un terme aux ventes de véhicules thermiques en 2040. Si cette ambition a été suivie par le Royaume-Uni, remarquons que l’Écosse a décidé d’aller plus loin en annonçant la fin des ventes de véhicules thermiques dès 2032. Aujourd’hui pour le marché français, les véhicules à motorisation alternative représentent 5% de toutes les immatriculations sur 2017 : il s’agit principalement des véhicules hybrides non rechargeables. Les véhicules électriques (intégralement électriques ou hybrides rechargeables) représentent moins de 2% des immatriculations. On le voit, le chemin est encore long pour parvenir à une mobilité à faibles émissions.

 

Article rédigé par Aurélien Schuller : aurelien.schuller@carbone4.com et Clément Ramos : clement.ramos@carbone4.com

Crédit photo : creativenature.nl – fotolia.com

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