Autoroute électrifiée : début des tests en Allemagne

25 juin 2019

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Par Aurélien Schuller, manager

Toujours dans le domaine du fret, mais cette fois par la route, une solution innovante de réduction des émissions est en train d’émerger : l’autoroute électrifiée. Il s’agit d’installer des infrastructures de charge dynamique le long de l’autoroute (par exemple rails, caténaires, charge par induction), et d’équiper les camions électrifiés (100% électrique ou hybrides) d’un dispositif de soutirage de l’électricité pour qu’ils puissent se recharger tout en circulant sur l’autoroute.

Début mai a débuté l’expérimentation allemande d’une telle autoroute électrifiée : près de Francfort, un camion hybride a parcouru 5 km dans de vraies conditions de trafic. On peut voir des vidéos de ces essais sur la télévision allemande [1].

Cette nouvelle fait écho à l’étude récente de Carbone 4 sur le potentiel économique et environnemental de cette solution technologique en France. Notre analyse démontre une très forte baisse des émissions par rapport aux camions conventionnels au gazole, grâce à la faible empreinte carbone du mix électrique français, et nous avons qualifié les domaines de pertinence économique pour le déploiement de ces projets. Vous pouvez retrouver les détails de notre étude sur notre site ou prendre connaissance d’une synthèse faite à l’occasion d’une interview pour Atlantico [2].

L’interview est l’occasion de rappeler que l’autoroute électrifiée n’est pas un concurrent du fret ferroviaire, car bien sûr le rail, comme le fluvial et le vélo-cargo, doivent être utilisés à chaque fois que cela est possible dans des conditions techniques et économiques raisonnables pour pouvoir réduire nos émissions. L’autoroute électrifiée est une façon d’optimiser la fraction routière du fret qu’on ne pourra pas basculer sur les modes qui sont peu carbonés.

Enfin la dernière question de l’interview permet d’ouvrir la réflexion sur deux problématiques sur lesquelles nous reviendrons peut-être prochainement, en fonction de l’actualité :

  • le développement de l’e-commerce permet-il une logistique urbaine qui soit compatible avec l’Accord de Paris ?
  • la réflexion générale sur une réduction de la vitesse de circulation des marchandises (et pas que pour le maritime)

Article rédigé par Aurélien Schuller – Manager

Sources:
[1] Émission hessenschau
[2] Atlantico

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