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Enjeux Energie
Le casse-tête des énergies de substitution
Face à cette contrainte sévère que la production pétrolière va nous imposer, il est tentant de songer à se reporter tout d’abord sur les 2 autres ressources fossiles que sont le gaz et le charbon, qui sont les plus accessibles économiquement après le pétrole. Toutefois, ce qui est valable pour le pétrole reste valable pour le gaz et le charbon : avec un stock de départ donné, la production passera par un maximum avant de décliner. Pour le PDG de Shell ou les experts de l’Institut Français du Pétrole, le pic de production gazier surviendra peu de temps après celui du pétrole (2020/2025 environ). Quant au charbon, et même si les ressources sont souvent présentées comme abondantes, elles ne permettront pas de subvenir à la croissance tendancielle des besoins pendant plus de 30 à 40 ans, même en supposant que nous fassions fi des implications climatiques.
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Une autre variable souvent évoquée, le progrès technologique, fait référence à une évolution qui n’est en fait pas auto-porteuse : l’expérience montre que, à lui seul, ce progrès sur les objets techniques n’engendre pas de réduction globale de la consommation. En effet, tant que le prix réel de l’énergie baisse (tendance lourde depuis 2 siècles), le progrès permet de démocratiser et d’accroître les usages, et cela va plus vite que les économies réalisées par objet (souvent les seules mises en avant). L’histoire récente illustre à merveille cet « effet rebond » : jamais les réfrigérateurs, lave-linge, automobiles et autres avions n’ont été aussi performants … et jamais notre consommation globale n’a été aussi élevée !
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Comme si cela ne suffisait pas, les ordres de grandeur disponibles montrent qu’il est illusoire de compter sur les énergies renouvelables (ou l’énergie nucléaire) pour éviter la « crise de l’énergie » pour les 20 à 30 ans qui viennent, c’est-à-dire des récessions à répétition faute de disposer du carburant permettant d’alimenter la croissance perpétuelle de la production.
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Avant d’être opérationnelles à l’échelle qui convient, ces alternatives aux fossiles seront donc amenées à jouer un simple rôle d’appoint dans les vingt prochaines années. Il ne faut donc pas compter sur elles pour garantir une transition « en douceur » nous dispensant de reconsidérer notre usage des combustibles fossiles. Et, faut-il le rappeler, c’est bien avant cette échéance que les problèmes vont se poser. Les premières manifestations de ces troubles profonds sont d’ailleurs tangibles depuis plusieurs années : tensions sur le marché du pétrole, affrontements géopolitiques autour du gaz, intensification de l’usage du charbon… La récession qui a démarré en 2008, après 6 ans de forte hausse du prix de l’énergie, et qui a provoqué à la suite la crise financière que l’on connaît, est peut-être une première illustration de ce qui nous attend de manière chronique à l’avenir dans un système énergétique restant foncièrement dépendant des hydrocarbures.
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