L’imprécision des bases de données carbone sous le feu des critiques : ce qu’en pense Carbone 4

7 octobre 2016
Young growing plant balancing on seesaw over a stack of coins
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Alors que certains investisseurs commencent à prendre la mesure de leurs responsabilités vis-à-vis de la transition énergétique, la fiabilité des données utilisées pour mesurer l’empreinte carbone des portefeuilles suscite des critiques. Un article récemment apparu dans le Financial Times1 cite une étude menée par MSCI. Le fournisseur d’indices et d’outils d’analyse financière a comparé des estimations d’émissions pour des entreprises n’ayant pas publié ces données avant 2015, avec les émissions publiées pour la première fois par ces mêmes entreprises en 2015. Selon l’étude, les trois-quarts des émissions modélisées sont surestimées d’au moins 50%. Cette surestimation conduit les investisseurs à exagérer l’empreinte carbone de leur portefeuille.

De longue date spécialiste de données carbone, le cabinet Carbone 4 a conçu sa méthodologie d’analyse d’impact carbone des portefeuilles d’investissements, baptisée Carbon Impact Analytics (CIA), en privilégiant la précision. CIA constitue notamment une approche dite bottom-up : au lieu d’allouer des émissions sur la base des modèles statistiques (qui mènent souvent à des inexactitudes), Carbone 4 recalcule systématiquement les émissions directes et indirectes des entreprises sous-jacentes d’un portefeuille. Cette méthode se base sur plusieurs modules de calcul, alimentés par des données opérationnelles issues des publications annuelles des entreprises. La précision des estimations est garantie par les inputs clés comprenant la localisation des activités et les volumes de production par type de produit.

De plus en plus d’entreprises publient leurs émissions. Cependant, les méthodes d’estimation varient beaucoup, faisant l’objet de critiques sur l’utilisation de ces données. Pour les entreprises qui publient déjà leurs émissions, Carbon Impact Analytics permet de faire un test de cohérence. De plus, cette méthode offre une approche approfondie et cohérente pour estimer les émissions scope 3 et les émissions évitées. L’empreinte carbone n’étant pas le seul indicateur pour faire de la gestion active des fonds, la méthode Carbon Impact Analytics comporte aussi une évaluation qualitative et prospective de la stratégie et des investissements des entreprises. Cet ensemble d’indicateurs permet de calculer une note globale pour chaque entreprise, agrégée au niveau du portefeuille, sans laquelle l’évaluation du risque carbone n’est pas complète.

La question se pose ensuite : pourquoi la plupart des fournisseurs de données n’adopte-t-elle pas d’approche similaire à celle de Carbone 4? D’abord, une telle approche bottom-up avec collecte et analyse des données opérationnelles, demande plus de temps. Mais surtout, la méthode implique une expertise dans l’évaluation carbone des entreprises. A ce jour, peu de fournisseurs de données offrent ce niveau d’expertise. Depuis sa création en 2007, Carbone calcule, catalogue et met à jour une vaste base de facteurs d’émissions couvrant tous les secteurs d’activité.

Pour les investisseurs, cette approche innovante permet non seulement d’obtenir une mesure complète et précise de leur contribution à la transition bas-carbone, mais aussi piloter l’allocation sectorielle et intra-sectorielle des financements et de construire des indices bas carbone.

Pour savoir plus sur CIA et l’approche de Carbone 4 pour construire des indices bas-carbone, voir notre dernier rapport : “Designing low carbon indices based on Carbon Impact Analytics indicators.”

  1. Unreliable data hinder carbon divestment. Financial Times. September 1, 2016. 
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