TCFD Status Report : messages clés

15 octobre 2018

Depuis la publication en juin 2017 du « Final report: Recommendations of the Task Force on Climate-related Financial Disclosures », des entreprises, des ONG et des groupes industriels du monde entier ont commencé à utiliser ce cadre de reporting. A ce jour, 457 entreprises publiques et privées soutiennent les recommandations de la TCFD, représentant 7,9 trillions de dollars US.

 

La TCFD a décidé de faire le point sur le progrès réalisé dans l’amélioration et la standardisation des informations financières relatives au climat. Le « TCFD – Status Report » a été publié en septembre 2018. Dans le cadre de cette étude, le rapport s’est concentré sur huit groupes d’acteurs : les banques, les assureurs, les gestionnaires d’actifs, les propriétaires d’actifs, ainsi que les entreprises des secteurs de l’énergie, des transports, des matériaux & bâtiments et de l’agriculture.

Messages clés :

 

La principale conclusion est que les entreprises reportent de plus en plus sur les enjeux environnementaux, cependant l’information sur les conséquences financières du changement climatique est négligée.

 

D’une part, la majorité des entreprises intègre au moins une recommandation. D’autre part, peu d’entreprises publient des détails sur le coût des risques climatiques physiques et de transition. De plus, peu d’entreprises utilisent l’analyse par scénario comme outil de mesure de leur résilience climatique.

Carbone 4 a publié un rapport sur l’importance de ce type d’analyse pour les stratégies d’entreprise : « L’analyse par scénario: un outil puissant pour analyser la résilience de votre entreprise ».

 

Il est intéressant de noter que le niveau d’intégration des recommandations de la TCFD dépend du secteur : en ce qui concerne les métriques climatiques, les sociétés non financières publient davantage d’informations que les sociétés financières. En gestion des risques, ce sont les banques qui traitent au mieux ce sujet et les entreprises en bâtiment & matériaux ne publient quasiment pas sur cet enjeu. Des différences régionales sont également apparentes : l’Europe publie de loin le plus d’informations financières liées au climatpar rapport à d’autres régions.

Messages clés par acteur :

 

Banques / assureurs Communication principalement sur les risques et opportunités climatiques, notamment les banques reportent sur les opportunités des obligations vertes et des investissements verts.
Gestionnaires d’actifs Peu d’information est publiée sur l’intensité carbone des investissements.
Propriétaires d’actifs Communication principalement sur les risques et opportunités climatiques ; cependant la résilience climatique est négligée.
Energie C’est le secteur qui publie le plus d’informations liées au climat, notamment les émissions de scope 3 sont souvent publiées.
Transports Communication principalement sur les risques et opportunités.
Bâtiment & matériaux C’est le secteur qui reporte le plus souvent sur les métriques climatiques et l’évolution des KPIs climat sur plusieurs années.
Agriculture Communication principalement sur des métriques climatiques et les risques physiques, afin de publier des informations sur la disponibilité en ressources naturelles, telles que l’eau.

 

L’objectif des recommandations de la TCFD est d’être à la fois utilepour les utilisateurs financiers de cette information et pratiquepour les entreprises.

 

Afin de rendre l’information « utile à la prise de décision », les investisseurs et les analystes ont proposé plusieurs améliorations. Le recours à l’analyse par scénariopour déterminer la résilience des entreprises face au changement climatique est considéré comme très important ; en particulier, un scénario prévoyant une taxe carbone élevéeest recommandé. En ce qui concerne les métriques, des objectifs de réduction d’empreinte carbone à la fois relatifs et absolus sont nécessairespour que les investisseurs sachent à quel point une entreprise est proche ou non d’atteindre ces objectifs. Dans le secteur bancaire, les risques climatiques physiquesen particulier sont négligés et nécessitent une attention accrue. Carbone 4 a publié un rapport sur l’importance de l’analyse des risques physiques pour les stratégies d’entreprise : « Quelle place pour les risques physiques dans le reporting des entreprises ». Enfin, la publication de l’information financière sur les dépenses qui vont permettre aux entreprises d’atteindre leurs objectifs est une information cruciale pour les investisseurs.

 

Afin de rendre les recommandations aussi pratiques que possible, une standardisation du reporting apparaît comme nécessaire. D’une part, des ONG et des entreprises se sont réunies par secteur afin de normaliser des pratiques de reporting climatique : par exemple, le WBCSD s’est associé à des entreprises de l’industrie pétrolière et de gaz et l’UNEP FI travaille actuellement sur la normalisation du reporting financier. D’autre part, il y a un mouvement mondial d’alignement des critères de reporting climatique avec le guide de la TCFD. Cette année, le CDP et le PRI ont modifié leurs critères de reporting afin d’intégrer les recommandations de la TCFD.

Conclusion:

 

Les recommandations de la TCFD sont désormais connues par tous les secteurs, la publication des informations financières relatives au climat s’améliore et le reporting sur le climat se normalise. Toutefois, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour que les investisseurs et les analystes soient en mesure de prendre des décisions basées sur une information crédible et utile sur le climat. Afin de faciliter et d’accélérer les entreprises vers des stratégies bas carbone et résilientes, l’adoption de ces recommandations de la TCFD doit être faite au niveau international.

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