100 territoires d'électrification : vers l’opérationnalisation ?
Analyse Carbone 4 sur l'initiative gouvernementale « 100 territoires d'électrification »
Dans le cadre du plan d’électrification annoncé en avril dernier, le gouvernement a lancé l'initiative « 100 territoires d'électrification »[1].
Objectif ? Accompagner 100 communes ou intercommunalités de 2026 à 2030 pour accélérer la sortie des énergies fossiles.
La France a besoin d’enclencher une nouvelle dynamique car la part de l’électricité est restée stable dans le mix énergétique national lors de la dernière décennie alors que c’est une énergie bas-carbone produite localement.
L’initiative a 3 grands mérites :
- Cibler le cœur de l’empreinte fossile des ménages et des collectivités : la mobilité et le chauffage des bâtiments, correspondant à environ 50% des usages énergétiques en France[2].
- Recentrer l'exécution opérationnelle des plans de décarbonation sur les territoires. Le millefeuille territorial des plans stratégiques (PPE, SRADDET, PCAET, PADD[3]) reste très théorique. Ici, la collectivité, soutenue par le duo préfet / ADEME[4], est mise au centre de l’action en formalisant ses engagements.
- Avancer avec 100 territoires plutôt représentatifs de l’ensemble du pays[5] pour générer des retours d’expérience suffisants pour massifier l’approche in fine.
Quels bénéfices ?
Posons un ordre de grandeur en prenant comme hypothèse 100 territoires en moyenne de 50 000 habitants. 95% des ménages ont des véhicules thermiques et 45% une chaudière à gaz ou au fioul[6]. S’ils passaient tous à une mobilité bas-carbone (voiture électrique, vélo, transport en commun) et à un chauffage bas-carbone (pompe à chaleur principalement) alors :
- A l’échelle d’un ménage, la facture énergétique annuelle baisserait en moyenne pour le carburant de 2000€ à 500€, et pour le chauffage de 1300€ à 750€[7]
- Pour la France, une réduction des importations d’environ 1 milliard d’euros et des émissions de 5 MtCO2e[8]
Même si cela reste un potentiel théorique, l’impact économique et décarbonant est loin d’être négligeable, à comparer au déficit commercial de 70 milliards d’euros en 2024 et aux objectifs de réduction d’émissions annuelles entre 2026 et 2030 de 70 MtCO2e[9].
Quels défis ?
Pompes à chaleur et voitures électriques ont des retours sur investissement inférieurs à 5-10 ans mais leur prix d’achat élevé soulève la question du financement dans un contexte où le budget des collectivités est contraint et le soutien financier public limité. Proposer des dispositifs innovants comme le leasing voire le heat as a service permettrait d’avancer. Par ailleurs, d’autres défis s’imposent comme l’adoption des usages, les contraintes techniques des bâtiments ou les infrastructures de recharge.
Le 100% électrique a le mérite de la simplicité dans un contexte où la France produit de l’électricité bas-carbone en abondance. Malgré tout, le mix électrique étant de plus en plus renouvelable en France et en Europe, cela doit nous réinterroger sur la flexibilisation de la demande comme inciter à consommer au milieu de la journée lors de la production solaire. Plus largement, le tout électrique occulte d’autres solutions comme la géothermie, les réseaux de chaleur, le vélo, les transports en commun, les véhicules intermédiaires, etc. Veiller à ce que l’accélération de l’électrification ne fragilise pas la planification d’une transition multi-énergies et multi-modales est essentiel pour trouver l’optimum technico-économique et ne pas mettre ses œufs dans le même panier. Pour rappel, la programmation pluriannuelle de l’énergie vise à faire passer, entre 2023 et 2035, la part de l’électricité de 27% à 38%[10], la part des autres énergies bas-carbone de 15% à 32% tout en réduisant la consommation d’énergie de 25% environ[11]. L’électrification n’est donc qu’un des 3 grands axes.
Enfin, électrifier le chauffage pose une question critique sur l’avenir des réseaux de distribution de gaz. En effet, remplacer les chaudières à gaz va conduire à des situations sous-optimales pour le réseau, comme maintenir une canalisation dans une rue seulement pour une maison utilisatrice. Ce faisant, les coûts fixes du réseau s’amortissent déjà sur de moins en moins d’usagers qui voient leur facture augmenter. Le tarif des réseaux de distribution a ainsi augmenté de 28% en 2024 et de 6% en 2025[12]. Il est urgent de coordonner le déclassement d’une portion du réseau de gaz, quartier par quartier.
Collectivités : et si Carbone 4 vous aidait à relever le défi ?
- Quelle stratégie multi-énergies, s’appuyant sur l’électrification, pour rendre votre territoire plus autonome sur le plan énergétique ?
- Comment prioriser les actions décarbonantes au vu de leurs coûts et de leur durée de déploiement ?
- Comment se former pour conduire le changement au sein des organisations existantes ?
Carbone 4, grâce à 20 ans d’expériences accumulées sur ces questions peut vous aider à gagner un temps précieux pour passer rapidement à l’action.
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