Ryanair intègre le top 10 des plus grands pollueurs européens

15 mai 2019

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Par Stéphane Amant, Senior Manager responsable du pôle Mobilité 

La compagnie aérienne irlandaise Ryan Air a posé les fondations du modèle low-cost il y a plus de 20 ans maintenant, et l’a développé avec le succès que l’on sait. D’une certaine manière, elle récolte aujourd’hui les fruits de ce succès en intégrant, à son corps défendant, le top 10 des plus gros émetteurs européens [1]. Avec près de 7% de croissance de son activité en 2018, le cas de Ryan Air est simplement représentatif de la dynamique actuelle du transport aérien dans son ensemble, avec un trafic qui double tous les 15 ans. Il était inéluctable que tôt ou tard, la plus grosse compagnie aérienne européenne intègre ce classement.

Au moment où les autres secteurs industriels concernés par le marché européen des quotas stabilisent, voire réduisent leurs émissions, cela remet sous les projecteurs le fait que le secteur aérien ne parvient pas à juguler ses émissions de CO2, victime de son succès. Pour y parvenir, un premier dispositif appelé CORSIA (mis en place par l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale) sera déployé sur base volontaire dès 2021, avant de devenir obligatoire à partir de 2027 pour les vols internationaux. Il prévoit de forcer les compagnies aériennes à compenser l’intégralité des émissions additionnelles par rapport à la référence 2020, via l’achat de crédits carbone générés par des projets d’atténuation ou de séquestration … dont la nature n’est pas encore clairement établie. Ce mécanisme n’a toutefois qu’une vocation transitoire pour viser l’objectif ultime du secteur, de diviser ses émissions de COpar 2 en 2050 par rapport à 2005, alors même que le secteur table sur une multiplication par 8 du trafic ! Et pour cela, la compensation ne sera d’aucune utilité … Le patron de Ryan Air n’a pas fini d’entendre parler du sujet.

Nous aurons là aussi l’occasion de reparler d’aviation et de changement climatique dans de prochaines newsletters.

Sources:

[1] Les Echos

 

Stéphane Amant, Senior Manager responsable du pôle Mobilité

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