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La filière spatiale française face aux limites planétaires et à l’épuisement des ressources


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La filière spatiale française face aux limites planétaires et à l’épuisement des ressources
Les bouleversements environnementaux (dérèglement climatique, effondrement de la biodiversité, pénuries de ressources, …) ont désormais des conséquences sur l’ensemble des secteurs économiques. Afin de s’y préparer, et de pouvoir disposer d’un secteur spatial résilient face aux conséquences de ces bouleversements Carbone 4 a mené une étude en partenariat avec le CNES afin d’identifier les différents risques environnementaux (limites planétaires et épuisement des ressources) auxquels la filière spatiale française est et sera immanquablement exposée.
L’étude porte sur les activités spatiales françaises de toutes natures, associées aux phases de développement, de lancement, d’exploitation, de maintien en conditions opérationnelles et de retrait de service, suivant deux horizons temporels : 2030 et 2050. En revanche, elle ne prend pas en compte les applications situées en aval (distribution et utilisation des données, terminaux utilisateurs, etc.).
Les activités spatiales françaises, ici considérées, intègrent :
L’étude se limite à la sphère « Terre » (incluant la haute atmosphère), et ne traite pas des risques orbitaux (congestion de l’espace, confiscation des orbites, pollutions lumineuses et de radiofréquences, etc.) ni de potentielles activités minières extra-atmosphériques. Elle s’intéresse à la totalité de l’écosystème œuvrant pour la filière spatiale : état, agences, industriels et communauté académique.
Cette étude prospective des risques environnementaux a permis d’identifier 44 risques pour la filière spatiale française, dont le détail est disponible en annexe du rapport. Grâce à l’appui de plusieurs experts du secteur, cette liste, qui est par essence non-exhaustive, a permis d’élaborer plusieurs conjectures résumées ci-dessous sur la sensibilité de la filière spatiale aux risques environnementaux.
Les principaux risques mis en avant par l’étude concernent les impacts sur la haute atmosphère, actuellement méconnus mais de nature à affecter la couche d’ozone et le climat, et qui pourraient déboucher sur des règlementations. À l’heure actuelle, les conséquences des émissions en hautes atmosphères produites lors du lancement et de la rentrée atmosphérique d’objets artificiels constituent en effet une zone d’ombre académique.
De leur côté, les risques d’approvisionnement entourant les matières premières critiques pour l’industrie spatiale (par exemple cuivre, nickel ou cobalt) ont un potentiel d’impact faible lorsque la présence géologique de ces matières est diversifiée à l’échelle du globe. Concrètement, en cas de déséquilibre entre l’offre et la demande sur les marchés de matières premières, une augmentation du prix de la matière aurait un impact limité sur l’industrie du spatial. En effet, l’industrie spatiale dans son ensemble se caractérise par des activités de recherche & développement importantes et par un volume de production plus faible en comparaison avec d’autres filières industrielles traditionnelles (industrie automobile, industrie lourde, industrie aéronautique) qui ont des volumes de production plus importants.
En revanche, et même si l’approvisionnement de la plupart des matières premières ne constitue pas un risque au premier ordre pour les activités de la filière, il est nécessaire de rappeler ici que cela ne dédouane pas la filière spatiale française d’une prise de responsabilité au sujet des pollutions environnementales et des enjeux de droits humains en lien avec l’extraction minière des métaux qu’elle utilise.
Enfin, cette étude a permis de mettre en lumière deux autres types de risques qui présentent une criticité élevée : ceux concernant des produits spécifiques à l’industrie spatiale (p.ex. produits à faible dégazage) dont la production est vulnérable en ce qu’elle fait intervenir de très nombreuses substances dans sa formule, et ceux concernant les produits dont les chaînes d’exploitation et de production sont complexes et potentiellement vulnérables face aux tensions géopolitiques (titane métal, semi-conducteurs, terres rares).
Ces trois éléments (titane métal, semi-conducteurs, terres rares) font l’objet d’une analyse plus approfondie, spécifique aux risques géopolitiques.
L’analyse des risques environnementaux pour la filière spatiale française conduite au cours de cette étude a permis de déterminer deux sujets majeurs : (i) l’évolution de la réglementation afférente à la dégradation de la situation climatique et de la couche d’ozone, et (ii) les risques d’approvisionnements, notamment du titane métal, des semi-conducteurs et des terres rares.
Le premier sujet devra nécessiter une étude approfondie des conséquences sur la couche d’ozone et sur le climat des émissions en hautes atmosphères produites lors du lancement et de la rentrée atmosphérique. En parallèle, un plan de décarbonation ambitieux de la filière devra être mis en place afin de limiter les conséquences des activités du secteur spatial sur le climat. Un engagement proactif de la filière au niveau européen à l’occasion des discussions autour de la loi spatiale mérite également d’être étudié. Enfin, des études ciblées sur les impacts de ces activités sur la biodiversité, notamment à l’échelle locale, pourront être menées.
Le second sujet concernant les risques d’approvisionnement des matières premières critiques de la filière pourra faire l’objet d’un plan d’actions différencié selon la ressource.
Réalisé par


Avec la contribution de
Apolline Riet
Consultante
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