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10 septembre 2021

Rapport du GIEC : rappel des points clés

Début août est paru le nouveau rapport du groupe de travail 1 du GIEC (en anglais, IPCC — Intergovernmental Panel on Climate Change) . L’état des lieux de la crise climatique est toujours plus précis et plus alarmant. 

Il parait dans un contexte d’événements climatiques extrêmes partout dans le monde, rappelant que le basculement vers des situations inédites est déjà en cours. 
Il souligne - encore une fois - le besoin de décarbonation radicale et urgente de nos sociétés, de nos modes de production et nos modes de vie, afin d'éviter d'atteindre des points de bascule irréversibles. 

Nous vous proposons ici un rappel des points clés du rapport.

Préambule : qu’est-ce que le GIEC ?

« Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a été créé en 1988 en vue de fournir des évaluations détaillées de l’état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques sur les changements climatiques, leurs causes, leurs répercussions potentielles et les stratégies de parade. »

Le GIEC ne produit donc pas de nouvelles recherches ; il fait le point sur l'état des connaissances, à partir de l'évaluation critique des éléments issus des publications scientifiques.

Ces évaluations sont fournies aux gouvernements afin d’élaborer des politiques et de définir des orientations, et servent de base de travail dans le cadre des négociations des COP (Conférence des Parties). 

Il est composé de trois groupes de travail : 

  • Le groupe I travaille sur les bases physiques du climat et analyse les climats passés, présents et futurs. Il établit différents scénarios possibles en fonction des émissions de gaz à effet de serre émises par l’humanité. 
    Le groupe II travaille sur la vulnérabilité des sociétés humaines, des écosystèmes et des systèmes socio-économiques face à la dérive climatique, les conséquences du changement climatique, et les options d’adaptation.
  • Le groupe III étudie l’atténuation du changement climatique, l'évaluation des méthodes de réduction des émissions de gaz à effet de serre et l'élimination des gaz à effet de serre de l'atmosphère.

Le rapport du groupe I du 6ème Rapport d’évaluation du GIEC

Le rapport du groupe de travail I est ainsi le premier volet du sixième Rapport d’évaluation du GIEC. Le rapport du groupe II est prévu pour février 2022, et le rapport du groupe III pour mars 2022. 

Ce rapport du groupe I est le fruit d’un travail d’analyse de 14 000 publications scientifiques, par 234 auteurs et autrices de 65 pays, qui ont passé en revue plus de 78 000 commentaires. 

Les points clés du rapport du groupe I en français sont disponibles ici : https://sharebox.lsce.ipsl.fr/index.php/s/Xvdb1wX1Mnw8xqI 
L'ensemble des documents lié au rapport du groupe I "Climate Change 2021: The Physical Science Basis" sont disponibles ici : https://www.ipcc.ch/report/sixth-assessment-report-working-group-i/ 
 

Quels sont les points à retenir de ce rapport ? 

 

L’état du climat : 

  • Les changements climatiques récents sont généralisés, rapides et s'intensifient. Ils sont sans précédent depuis des milliers d'années.
  • Il est incontestable que les activités humaines sont à l'origine du changement climatique, qui rend les phénomènes climatiques extrêmes, notamment les vagues de chaleur, les fortes précipitations et les sécheresses, plus fréquents et plus sévères, augmente la fréquente des conditions météo propices aux incendies, et cause le réchauffement, la perte d’oxygène et l’acidification des océans.
  • Le changement climatique affecte déjà toutes les régions habitées de la planète. Les preuves de l’attribution des phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes à l’influence humaine se sont renforcées depuis le dernier rapport.
  • À moins d'une réduction immédiate, rapide et à grande échelle des émissions de gaz à effet de serre, limiter le réchauffement à 1,5°C sera hors de portée.
     

Futurs possibles : 

Le GIEC travaille sur cinq scénarios d’émissions : émissions très élevées ou élevées, émissions moyennes, et émissions faibles ou très faibles

  • Les émissions futures entraineront une hausse du réchauffement, résultant de l’addition des émissions passées et futures
  • La température à la surface du globe continuera d’augmenter au moins jusqu’au milieu du siècle, dans tous les scénarios d’émissions envisagés. Le réchauffement planétaire dépassera les 1,5 °C et 2 °C au cours du XXIe siècle, à moins que des réductions importantes des émissions de CO2 et d’autres gaz à effet de serre n’interviennent dans les prochaines décennies.
  • Pour chaque fraction de réchauffement planétaire supplémentaire, les changements (température moyenne, précipitations, humidité des sols) sont amplifiés dans chaque région du globe.
  • La fréquence et l’intensité des phénomènes extrêmes augmentent avec le réchauffement

Cela implique par exemple qu’une vague de chaleur, qui survenait par le passé 1 fois tous les 50 ans, surviendra 14 fois plus souvent pour un réchauffement de 2°C, et 40 fois plus souvent pour un réchauffement de 4°C. Pour la France, cela signifie des canicules à 50°C, sur une vaste partie du territoire dans ce dernier cas.

  • Les puits de carbone océaniques et terrestres seront moins efficaces pour ralentir l'accumulation de CO2 dans l'atmosphère.
  • Les changements qui affectent déjà toutes les régions de la Terre s'accentueront avec la poursuite du réchauffement. 
    Dans le cas d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C, les vagues de chaleur seront plus nombreuses, les saisons chaudes plus longues et les saisons froides plus courtes. Avec une hausse de 2 °C, les chaleurs extrêmes atteindraient plus souvent des seuils de tolérance critiques pour l’agriculture et la santé publique.
  • Les facteurs climatiques générateurs d’impact (chaleur et froid, pluie et sécheresse, neige et glace, vent, littoral et océan côtier, océan ouvert) pourraient dépasser des seuils connus et entrainer de graves conséquences pour les personnes, la faune et la flore, et l’agriculture.
  • Avec la poursuite du réchauffement, les projections indiquent que chaque région fera de plus en plus l’expérience de changements simultanés et multiples de facteurs climatiques générateurs d’impacts (par exemple : des mégafeux combinés à une canicule. Ces changements seront plus généralisés et/ou prononcés pour des niveaux de réchauffement plus élevés.
  • Le rapport offre de nouvelles informations climatiques régionales, indispensables pour éclairer l’évaluation des risques et l’adaptation ; il définit aussi un nouveau cadre qui permet de transcrire ce que les changements physiques du climat – chaleur, froid, pluie, neige, sécheresse, vent, inondations côtières et autres – impliquent pour la société et les écosystèmes.

Ces informations régionales détaillées sont notamment disponibles dans le nouvel Atlas interactif, ainsi que dans les fiches régionales, le Résumé technique et la version intégrale du rapport.

  • Il n’y a pas de retour en arrière possible pour certains changements dans le système climatique, comme pour la fonte des calottes glaciaires, l’élévation du niveau des mers et de la température de l’océan.
  • Mais, certains changements pourraient être ralentis, et d'autres arrêtés en limitant le réchauffement.
  • Pour limiter le réchauffement de la planète, il est nécessaire de réduire fortement, rapidement et durablement les émissions de CO2, de méthane, et d'autres gaz à effet de serre. Cela permettrait non seulement de réduire les conséquences du changement climatique, mais aussi d'améliorer la qualité de l'air.
    Les scénarios d’émissions très basses ou basses conduisent en quelques années à des effets perceptibles sur les concentrations de gaz à effet de serre et d'aérosols et sur la qualité de l'air. Les différences pour la tendance du réchauffement global seraient perceptibles dans un délai d’environ vingt ans.
  • Le climat que nous connaîtrons à l'avenir dépend des décisions que nous prenons maintenant. Chaque tonne émise participe au réchauffement

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