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26 mai 2026
Auteurs et autrices : Alexandre Joly

Détroit d’Ormuz : Décarboner, c’est se libérer du pétrole et du gaz

Pourquoi le détroit d'Ormuz rend la transition écologique inévitable ?

L'urgence climatique n'est plus le seul moteur de la transition écologique. Même si les conséquences du dérèglement climatique se font de plus en plus sentir, ce qui, à court terme, nous touche bien plus, c’est l’augmentation soudaine du prix à la pompe due à une rupture d’approvisionnement du pétrole provenant du détroit d’Ormuz.

Décarboner, c’est bon pour le climat et notre indépendance énergétique

L’utilisation d’énergies fossiles (charbon, gaz et pétrole) contribue à hauteur de 75% des émissions de gaz à effet de serre mondiales[1]

Par ailleurs, ces énergies fossiles représentent 70% du mix énergétique de l’Union européenne, et l’immense majorité est importée : un peu de pays alliés comme la Norvège, mais surtout de pays à géopolitique variable comme les Etats-Unis de Trump, la Russie de Poutine, le Kazakhstan, etc. ; ce qui fait peser un risque non négligeable.

Sources : Eurostat, SolarPower Europe, Bruegel, Worldbank

Se débarrasser de ces énergies fossiles est donc clé à la fois pour éviter que la machine climatique ne s’emballe, et pour éviter, à chaque choc géopolitique, d’être impacté par une pénurie et/ou une explosion des prix du pétrole et du gaz.

Autrement dit, décarboner est source d’un double gain économique : moins de surcoûts climatiques (ex : pertes de rendement agricole) et énergétiques (ex : le prix à la pompe qui dépasse les 2€ au litre), et moins de risques de pénuries — qui se traduisent elles aussi par des pertes de production et donc des surcoûts.

Moins dépendre des énergies fossiles, c’est aussi questionner notre dépendance aux matières d’origine fossile

Le pétrole n'est pas seulement un carburant : c'est la matière première de la majorité des plastiques, fibres synthétiques, détergents, solvants, peintures, adhésifs, cosmétiques, médicaments, lubrifiants, etc. 

De même, le gaz naturel ne sert pas qu’à chauffer. Les engrais azotés, massivement utilisés dans l’agriculture conventionnelle, sont produits à partir de gaz naturel. L'hélium, essentiel pour les IRM et la fabrication des semi-conducteurs, est un coproduit du traitement du gaz naturel.

Tous les secteurs économiques sont concernés. Pour une entreprise, un choc énergétique est un choc en cascade sur toute sa chaîne de valeur consommatrice d’énergie mais également un choc sur la consommation de matières d’origine fossile. 

Les chocs énergo-géopolitiques sont amenés à se répéter

Le temps d’une croissance soutenue de la production de pétrole est derrière nous. Au niveau mondial, le pic du pétrole conventionnel a été franchi en 2008 de façon irréversible[2]. Près de la moitié des gisements actuellement fournissant du pétrole sont structurellement en déclin[3]. Et ce sont souvent ceux qui approvisionnent l’Europe.

Du côté de la demande, les pays, notamment émergents, d’Asie-Pacifique et d’Afrique veulent une part croissante d’un gâteau qui ne grossit plus. Conséquence : depuis deux décennies déjà, l’Europe consomme de moins en moins de pétrole. Que ce soit de manière organisée (ex : interdiction de nouvelles chaudières au fioul) ou subie (ex : moins de déplacement), le constat est similaire pour le gaz où la consommation européenne a chuté de 20% entre 2021 et 2024[4].

Dans un marché structurellement en forte tension, le moindre choc se transforme en crise économique. Par exemple, suite au choc de 2022 lié à la guerre en Ukraine, l’Allemagne a payé le prix fort de sa dépendance au gaz russe avec 2 années de récession. 

Entreprises, en route vers la résilience économico-énergétique !

La sortie des énergies fossiles n'est plus seulement un impératif climatique : c'est un acte de souveraineté économique : pour vos fournisseurs, pour vos coûts directs et pour vos clients.

Et bonne nouvelle, les solutions existent.


A très court terme, penser sobriété. Questionner la manière de travailler pour consommer moins d’énergie peut aller très vite[5]. Par exemple, rapprocher les collaborateurs de leur lieu de travail comme le propose l’entreprise 1 km à pied, avec comme co-bénéfice l’amélioration du bien-être au travail. Ou encore, animer un championnat interne d’économies d’énergie dédié aux bâtiments tertiaires à l’image du programme CUBE. En moyenne, 13 % d’économies d’énergie sont réalisées. En 2022, certaines usines françaises ont réussi à réduire de 20% leur consommation d’énergie à production identique.

A plus long terme, éco-concevoir les produits et les processus pour consommer moins de ressources. Côté mobilité, la démarche portée par l’ADEME visant à développer des véhicules intermédiaires, 10 fois plus légers, simples et économes, est inspirante. Aussi, l’essor des électro-technologies (voiture électrique, pompe à chaleur, batteries, énergies renouvelables) est désormais massif car compétitif. L’investissement dans une pompe à chaleur est rentabilisé par rapport à une chaudière gaz en 8 ans sans aides, en 2 ans avec aides[6]. Du côté des véhicules électriques, les ventes en France ont augmenté de 48 % depuis le début de l’année malgré un marché global en recul[7].

La question n'est plus de savoir quand aura lieu le prochain choc mais si vous êtes prêts ?

  • Quelles dépendances aux hydrocarbures, directes et indirectes dans vos chaînes d'approvisionnement, avez-vous évaluées et cartographiées ?
  • Quelles actions avez-vous identifiées, chiffrées et priorisées ? Comment les mettez-vous en place ?
  • Comment vos scénarios stratégiques intègrent-ils les contraintes futures sur l’approvisionnement en énergie et en matières premières ?

Carbone 4, grâce à 20 ans d’expériences accumulées sur ces questions dans tous les secteurs d’activité peut vous aider à gagner un temps précieux pour passer rapidement à l’action. 


Energie
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Portrait de Alexandre Joly
Alexandre Joly
Senior Manager / Responsable de pôle